1. La production
du papier menace-t-elle la nature et l’environnement ?
2. Qu’est-ce
que le papier "sans bois" ?
3. Comment
se fait le blanchiment ? Que signifient TCF et ECF ?
4. Quelle méthode
de blanchiment est la moins polluante ?
5. Pourquoi
des azurants optiques sont-ils ajoutés au papier ?
6. Comment
connaître le degré de blancheur du papier ?
7. Comment
savoir pendant combien de temps le papier se conserve ?
8. Comment
connaître le degré de transparence du papier ?
9. Qu’implique
la certification ISO 14001 ?
Le papier est constitué de cellulose extraite du bois. Des millions
d’hectares de forêts sont abattus chaque année dans le monde
pour couvrir nos besoins en papier, entraînant ainsi la destruction de
riches écosystèmes des forets anciennes.
Une forêt est dite "ancienne" si elle n’a jamais été
exploitée à échelle industrielle par l’homme ; son
développement écologique n’a donc pas été
perturbé depuis son origine, ce qui lui confère une valeur irremplaçable.
Au niveau mondial, 42% du bois exploité commercialement sert à
fabriquer du papier.
17 % du bois utilisé provient de forêts anciennes.
En Europe, les producteurs de papier ont certes augmenté la superficie
des forêts mais au détriment des équilibres écologiques.
En effet, aux forêts naturelles, ils ont substitué des plantations
gérées par des méthodes de l’agriculture intensive
(utilisation de pesticides), pauvres en espèces et menaçant la
diversité biologique.
En Belgique, le bois utilisé pour la fabrication du papier provient d’une
part des déchets de scieries (76 % de l’approvisionnement résineux),
et des bois d’éclaircie, de taillis et houppiers (83 % de l’approvisionnement
feuillus). Les zones d’approvisionnement en bois sont principalement centrées
sur un rayon de quelques centaines de kilomètres, couvrant le Nord de
la France, l’Ouest de l’Allemagne et les forêts belges et
luxembourgeoises.
Outre les déséquilibres liés à ce type de culture
et à un abattage important, la fabrication du papier provoque bien d’autres
nuisances : il faut beaucoup d’eau pour extraire la cellulose et beaucoup
d’énergie pour sécher le papier. La production est source
de nombreuses pollutions : dioxyde de carbone (CO2 ) et composés soufrés
sont rejetés dans l’atmosphère. Les eaux sont contaminées
par les matières organiques, surtout des organochlorés si le blanchiment
de la pâte fait intervenir du chlore. Ces substances dangereuses, souvent
cancérigènes, persistent dans l’environnement et s’accumulent
dans les chaînes alimentaires. De plus, notre consommation de papier engendre
de grandes quantités de déchets.
Le bois est composé de 50 à 80% de cellulose et de 20 à 30% de lignine. La cellulose est faite de fibres, de longueurs variables, reliées entre elles par la lignine. C’est la cellulose qui sera à la base de la pâte à papier. Plus les fibres sont longues (c’est le cas des résineux, les sapins, en général), plus le papier sera résistant. Les bois qui arrivent à la papeterie sont d’abord écorcés puis finement broyés. Pour fabriquer la pâte, deux types de procédés sont utilisés, selon que l’on souhaite ultérieurement produire du papier avec ou sans bois. Pour la pâte mécanique (pour le papier "avec bois"), le bois est défibré au moyen de meules ou de râpes. Les fibres extraites du bois sont entraînées par un courant d’eau. On obtient alors une pâte dite mécanique, qui contient encore des fibres de cellulose et de la lignine. Cette lignine a un gros défaut : elle fait jaunir le papier lorsqu’il est exposé à la lumière. Cela convient bien pour fabriquer du papier à courte durée de vie, tel que le papier journal.
Pour la pâte chimique (pour le papier "sans bois") la cellulose sera isolée au moyen de produits chimiques et la lignine supprimée. Dans ce procédé, les copeaux de bois sont cuits à l’aide de produits à base de soufre et sont ensuite blanchis par des produits oxydants. Une fois la pâte blanchie, on obtient une pâte dite chimique. Celle-ci est utilisée pour fabriquer du papier de qualité supérieure, avec une durée de vie plus longue : livres, etc. Ce papier ne contient plus de lignine et est appelé “papier sans bois”.
Dans le passé, le papier était blanchi à l’aide de chlore,
sous forme de gaz. Comme il s’agit là d’une méthode très
polluante, les fabricants ont cherché des alternatives.
Le papier blanchi avec des substances à base d’oxygène est préférable.
Pour ce faire, on utilise des substances telles que le peroxyde d’oxygène,
l’ozone ou l’oxygène pur. Ce papier sera donc TCF, c’est-à-dire
"totally chlorine free" ou "complètement sans chlore".
Lors du blanchiment ni chlore ni dérivés de chlore seront utilisés.
Le papier blanchi au dioxyde de chlore est "blanchi ECF", c’est-à-dire
"elementary chlorine free" ou "sans chlore élémentaire".
On n’utilise donc pas de chlore "pur" mais bien des dérivés
de chlore. C’est une méthode certes moins nocive que le blanchiment au
chlore, mais elle reste toujours polluante.
Le papier non blanchi est le moins polluant, mais il devient de plus en plus
rare.
Le papier peut être blanchi ou non blanchi. Le blanchiment se fait avec des substances à base de chlore ou à base d’oxygène. Il est évident que le papier non blanchi est le moins polluant, mais il devient rare. Le papier blanchi sans chlore ni dérivés de chlore (TCF) est l’option la moins polluante. Il est blanchi avec des substances telles que le peroxyde d’oxygène, l’ozone ou l’oxygène pur. Le papier blanchi aux dérivés de chlore (ECF) est à éviter. Le papier blanchi au chlore est le plus polluant. Heureusement, ce procédé n’est quasiment plus utilisé.
Les azurants optiques sont des substances chimiques que l’on ajoute au papier pour lui donner un beau teint blanc. Ce sont des substances qui transforment la lumière ultraviolette en lumière bleue. Le blanc de titane et le sulfate de baryum (blanc fixe) en sont des exemples. Les azurants optiques se dégradent difficilement et polluent inutilement l’environnement.
La blancheur du papier est importante, non seulement pour assurer une bonne
lisibilité des textes, mais également pour nous permettre de faire
des photocopies. La blancheur est déterminée selon les normes
ISO 11475 et 11476. La norme ISO pour la blancheur du papier utilise un pourcentage
comme unité. Plus le pourcentage est élevé, plus le papier
est blanc. On considère que 60 % offrent une blancheur suffisante et
que 80 % offrent plus de confort ; au-delà, on est dans la blancheur
luxueuse dont on n’a pas besoin pour une bonne lisibilité.
Plus d’infos : www.iso.org
Certains documents doivent être conservés longtemps. La norme allemande DIN 6738-92 décrit des classes de résistance au vieillissement. Il en existe 4 :
LDK 24-85 : la meillieure résistance, conservation très longue
durée ;
LDK 12-80 : se conserve quelques centaines d’années ;
LDK 6-70 : se conserve minimum 100 ans ;
LDK 6-40 : la moins bonne résistance, se conserve minimum 50 ans.
Pour des textes et rapports ordinaires, LDK 6-70 peut suffire. Pour des documents à archiver, choisissez plutôt LDK 12-80 ; LDK 24-85 est uniquement nécessaire pour des pièces de musée ou des documents d’une valeur importante.
Une autre norme (internationale) concernant la conservation du papier est la norme ISO 9706. Du papier conforme aux exigences de cette norme se conserve au moins pendant 100 ans.
Plus le degré d’opacité est élevé, moins le papier
est transparent. Une bonne opacité est surtout importante pour des papiers
à faible grammage : sur un papier trop fin et peu opaque, le texte pourrait
transparaître. Un papier bien opaque a l’avantage d’améliorer la
lisibilité du texte et augmente la qualité du travail imprimé.
Il s’impose pour les photocopies recto verso. Le degré d’opacité
est déterminé selon les critères de la norme ISO 2471.
Un papier satiné est souvent plus transparent qu’un papier non satiné
du même grammage. Les colles ou matières de charge utilisées,
la nature de la fibre (au bois, sans bois, recyclé) et le procédé
de fabrication sont autant de facteurs qui détermineront l’opacité
du papier. Comme le papier recyclé a l’avantage d’être plus opaque,
on peut souvent l’utiliser en plus faible grammage pour photocopier recto verso.
Plus d’infos : www.iso.org
L’association ISO (l’International Standards Organisation) a établi
une série de standards pour une meilleure performance environnementale
des entreprises. Il s’agit de la série EN ISO 14000. Le standard le plus
connu est ISO 14001. L’Europe a d’ailleurs créé son propre standard
(EMAS) qui va plus loin.
ISO 14001 implique uniquement la création d’un système de gestion
environnementale et ne fixe aucun objectif à atteindre, ne dit rien sur
les résultats obtenus ou le respect de critères environnementaux.
En soi, le label ISO 14001 ne permet donc pas de juger des performances environnementales
réelles d’une entreprise.
Plus d’infos sur www.iso.org