En 50 ans le secteur de la production et de la distribution
a fortement évolué et notre alimentation a connu de profonds changements.
D’une alimentation essentiellement basée sur des denrées
agricoles de base, produites localement, on est passé à une alimentation
constituée de produits transformés, importés, ne respectant
souvent pas les saisons.
Or l’évolution qu’a connue notre alimentation,
ainsi que les choix alimentaires que nous posons, ont des conséquences
sur
la santé : exposition à de multiples produits chimiques qui
s’accumulent dans la chaîne alimentaire, augmentation de la consommation
d’aliments sucrés, gras et salés qui peuvent être
à l’origine de maladies cardiovasculaires, problèmes d’obésité
et de surpoids, etc.
l’environnement : émissions de gaz à effet de serre (l’alimentation
est à l’origine de quelque 30% des émissions de gaz à
effet de serre), pollution des sols et des eaux, déforestations, génération
de déchets, etc.
les conditions de vie et de travail des citoyens : cultures vivrières
remplacées par des cultures industrielles destinées à l’exportation,
subsides permettant de vendre des denrées agricoles en dessous des coûts
de production et qui concurrencent les denrées produites localement,
etc.
Afin de réduire ces impacts, tous les acteurs de la
chaîne alimentaire ont un rôle à jouer.
Comme de plus en plus de personnes prennent leur repas en dehors du foyer, la
restauration collective endosse une part importante du poids environnemental
de l’alimentation.
En optant pour une alimentation plus durable, les collectivités peuvent
donc être des acteurs importants de changement et ont d’ailleurs
un rôle d’exemplarité à jouer à ce niveau.
Se basant sur les critères du développement durable,
l’alimentation durable vise en effet à réduire les impacts
liés à l’alimentation.
Qu’est-ce que l’alimentation durable ?
L’alimentation durable respecte des critères
environnementaux : réduction de l’empreinte écologique,
protection de la nature et des ressources naturelles. L’alimentation durable
c’est faire le choix d’aliments respectant la saisonnalité,
produits à proximité (limitant donc les transports), issus de
modes de production agricoles durables (agriculture/élevage biologique
et culture intégrée, etc.). C’est également mener
une réflexion par rapport aux déchets (emballages, gaspillage
alimentaire, etc.)
éthiques : équilibre dans les rapports nord/sud et nord/nord.
L’alimentation durable c’est faire le choix de produits issus d’une
agriculture paysanne ou du commerce équitable
de santé : équilibre nutritionnel, découverte du goût.
L’alimentation durable c’est respecter la pyramide alimentaire et
les contraintes nutritionnelles et opter pour des denrées de qualité
et savoureuses
économiques : maîtrise des coûts, viabilité économique.
L’alimentation durable c’est également prendre en compte
le pilier économique en veillant à éviter une augmentation
du « food cost » ou du coût salarial du personnel de cuisine.
Ainsi, faire évoluer la restauration de collectivité
vers l’alimentation durable ne veut pas dire pour autant passer au «
tout bio ». De nombreux paramètres entrent en ligne de compte et
l’équilibre « durable » de l’assiette proposée
reposera aussi sur d’autres possibilités. La collectivité
sera donc amenée à penser « global » et long terme.